Nous continuons donc à respirer notre haleine en circuit fermé.

Le 1er octobre 2020, on a redécouvert l’existence de l’autre moitié des visages dont on avait oublié la ressemblance, en même temps qu’on apprenait qu’on avait un gouvernement fédéral. Pourtant, depuis quelques jours on est pas mal de monde qui, impatiemment attendait ce jour pour respirer autre chose que son haleine en circuit fermé. D’autres attendaient des événements un peu plus intimes peut être, plus privés, comme une naissance ou un anniversaire. Mais pas forcément un gouvernement fédéral.

Depuis le 26 mai 2019, peu à peu le souvenir d’une élection s’est évanoui au fil des débats stériles et de des démonstrations d’égos surdimensionnés, ces moments gênants où nos politiques passent leur temps à se faire peur et à parler de nous, surtout à parler d’eux et des projets que leurs familles politique auraient pour les bruxellois, les flamands ou les wallons.

Il y a 16 mois, qui avaient lutté pour être à la tête du pays, volle gaz, ils ont abandonné responsabilités par démission. Je suis peut-être une brêle dans la chose politique, mais pourquoi se battre pour si vite abandonner ?

 Il leur fallait, semble-il préparer les futures  élections. On pouvait sentir leurs angoisses, face la confusion volontairement entretenue, des déclarations ambiguës, très peu de projets d’avenir. On le sait maintenant, l’homme politique son horizon dépasse rarement cinq. En Belgique, ce délais est encore plus court, car la formation d’un gouvernement prend des plombes. Or  messieurs, mesdames les politiques, il ne faut pas se leurrer la plupart des gens rêvent d’avenir, d’abord pour eux, ensuite pour leurs enfants. Il y en a même qui poussent le vice plus loin, et qui se mettent à rêver de voir un jour le monde de là-haut, alors que plus on s’éloigne de la terre moins on a de réseau pour passer un coup de fil à ceux qu’on aime.

Tout ça a commencé début décembre 2018. La NVA quittait le navire en pleine Mer, parce que le fils de Louis Michel se rendait à Marrakech, pour signer un pacte de l’ONU sur les migrants. Au passage, on constate que rien n’a vraiment changé sur la question des migrants, ou plutôt des réfugiés devrais-je dire. Après tout, chaque migrant fuit toujours quelque chose. Qu’il traverse la méditerranée ou l’Atlantique, c’est rare qu’on quitte toute sa vie juste pour le tourisme ou pour une allocation sociale quelconque. Bref, Marrakech dérangeait certains, qui pourtant à d’autres moments sont capables de se gausser sur les merveilles de la médina.

Toujours est-il que c’est pour cette raison que les nationalistes flamands ont démissionné.

Depuis ce jour, bien avant le Covid, le pays est passé par toutes les couleurs, dont l’orange-bleu, et l’orange sanguine, des compositeurs classiques, en passant par la suédoise ou la jamaïcaine. On aurait eu peut-être de meilleurs résultats si tous ces gens s’étaient assis autour d’un feu, et fait tourner le calumet de la paix. Toujours est-il qu’aujourd’hui, c’est Vivaldi qui a gagné. Il faudrait peut-être que je me fasse les 4 saisons pour comprendre à quel moment on trouve de plus en plus à la tête du pays des fils-de.

Le premier des fils Michel s’est barré vers le Conseil européen, laissant le pays en pleine crise politique. Alors ce changement de poste consiste à aller du N°16 de la rue de la Loi, au 175 de la même rue. Autant dire qu’il est parti à pied, voir sur un Villo.

Hier on apprenait que Charles avait un frère, un autre fils Michel, apparemment super compétent, un cador de la Province du BW, amoureux des nouvelles technologies. Ça tombe bien il est secrétaire d’État en charge du numérique.

À la tête du gouvernement, un fils De Croo, qui il y a quelques années, à l’époque il avait encore ses dents de lait, mais avait réussi à faire plonger le pays dans une crise de 541 jours. La plus longue crise de l’histoire de la Belgique et de l’Europe. Imaginez seulement si vous vous démissionnez demain de votre taf ce qui vous arriverait.  Si vous n’avez pas d’oseille sous la couche, c’est au Sam social qu’il faudra se coucher. Alors que nos ministres, eux quand ils démissionnent, ils ont toujours des emplois qui les attendent. Certains sont bourgmestres, en générale quand ils arrivent dans les hautes fonctions de l’État, ils laissent leur chaise à un gus qui gardera la chaise bien chaude. Le gars on le prend avec le moins de charisme possible, au cas où ça tourne mal au fédéral, il ne faudrait pas non plus qu’il fasse de l’ombre aux revenants.

Le 1er octobre 20, la ville s’est à moitié démasqué, parce qu’en réalité, à moins de faire une randonnée dans les Ardennes, en ville vous n’avez jamais le temps d’enlever votre masque. Nous continuons donc à respirer notre haleine en circuit fermé, en même temps que les mêmes noms reviennent et se succèdent tranquillement au pouvoir.

Suisjeki

À A.D

Profondément humaine,
À ton humilité, à ton intelligence.

Je me souviens de ces soirs, des moments volés au quotidien bête et assassin. En bande organisée, nous prenions à l’assaut les Halles. À côté, voutée, coulait la Senne, au-dessus coulait cette douce lumière d’un été finissant.

Je me souviens de ta colère face à l’injustice, aux absurdités consenties, et de la joie que le bonheur de l’autre pouvait te procurer. Et quand la lutte devenait rude sourde, toi t’étais parée de couleurs pour passer au travers.

Maintenant, sans doute que tu passes tes soirs à allumer les étoiles.

Moments et fragments

Moments et fragments de vie,

Des vies qui se racontent

Des instants sublimes et lumineux.

« S’il y a un espoir au delà du désert ».

Moments et fragments de vies,

Des vies qu’on décompte

Un conte qui mal fini.

Des instants d’ombres et de gris.

Moments et fragments,

il y a des morceaux de soi derrière

voyager léger, la survie et l’oubli.

« On voit de loin derrière le désert ».

Moments et fragments,

C’est tout ce qui nous reste qui se noie

C’est le monde en émoi, qui vite oubli.

 

(…)

Ma boite aux lettres est pleine à craquer —

Dimanche 26 mai, on ira voter. Les candidats de tout bord se sont souvenu de notre existence. Pourtant, depuis 2014, j’ai beaucoup de mal à me souvenir d’un seul d’entre eux qui eut la courtoisie de nous envoyer un petit mot de remerciement, ou un petit mot d’excuse qui dirait par exemple : « Chers citoyens, chères […]

via Ma boite aux lettres est pleine à craquer —

PHOTO

Une photo, une seule sur le mur du fond de la pièce: 3mètres sur 4.

Ferme les yeux, visualise:

Une étendue de neige, un champ de neige.

Il semble planté:
ce sont des bouts de chanvre en érection.
A l’avant plan de la photo:
des boules de neige de la grosseur de melons.
Elles sont sanglées de cette ficelle de chanvre,
comme pourrait l’être un ballon de basket.
En fait, le champs de neige est parsemé de ces boules de neige harnachées.
Au loin, une silhouette.
Ce pourrait être un paysan mongolien,
pauvrement revêtu d habits superposes pour vaincre le froid;
il est de dos, les épaules courbées.
Dans chaque main, grâce aux bouts de ficelle,
il transporte plusieurs boules de neige…
Pourquoi?
Où va t il?
Que va t il faire de ces boules de neige?
Est ce un ingénieux système de transport de neige qui ne glace pas les mains?
Est ce un travail?
Est ce un vrai travail?
Est ce une photo documentaire?
Est ce une mise en scène sortie tout droit de l’imaginaire du photographe?

LUC

J’ai appris sa mort par un sms bien intentionné,

j’ai acté,

intellectuellement.

On m’a proposé d’assister à ses funérailles,

j’ai décliné.

On m’a proposé de signer une carte pour la famille,

je me suis débinée.

Quand je marche dans son quartier,

je pense à lui.

J’ai toujours fait cela,

lever les yeux vers son balcon.

Mais maintenant, même hors « ses lieux »,

il m’arrive de penser à lui,

comme ça,

pour rien.

Me manque t’il?

 

Poéthique

Mouvement poéthique, poliéthique

Gens hors cessions patronymiques

De patronyme que de leurs âmes

Âmes retrouvées ou jamais égarées

Jamais égalées, car uniques

 

Les évadés démasqués, démaquillées;

si authentiques à la lueur du premier jour,

et du dernier joug des mots si silencieux.

Des écrits recréés, éloquents et disloqués.

De ceux-là qui misent sur la de dernière des étoiles

Du creux de leurs mains surgissent les cieux.

 

On n’est jamais trop près de l’imperfection

Ni loin de l’impertinente perfection

Ni juste, ni vrai ou faux. Justement Nous.

 

Poéthiquement nous, poliéthiquement vôtres.

Stormen

Stormen razen. Schepen die onverwoestbaar leken, die ooit met glanzende boegen de golven trotseerden, worden wreed verzwolgen en verdwijnen in de diepten van mijn getroubleerde ziel. Het schuim op de golven maakt gewag van een slepende woede, ontembaar en niets ontziend.
Mijn bewustzijn is een zee, een gestaag verreikende oppervlakte die tot aan de einder reikt. Het herbergt onder die kalme façade hele werelden, levendig en kleurrijk en onverwacht schoon. Er huizen ongekende diepten waar licht slechts een fantasierijke illusie is die je je bedenkt in hoopvolle tijden. Diepten die soms hoogten worden, het licht wegduwen en de aandoenlijke kalmte van het oppervlak vervaarlijk breken in een moeiteloos gebaar. Niemand die weet hoe dat kan. Niemand die er de machinaties achter weet te ontmaskeren.

Onrust.

Geen gewone onrust. Het is een onrust van existentiële aard. De soort onrust die je aan je borst voelt knagen tot je vol wanhoop wenst je gebeente te breken, te klauwen tot je de tanden die je innerlijk verscheuren een weg naar buiten geeft. Je voelt hoe die onrust je opvult met een nihilistische leegte die drukt en drukt en drukt… Het is een vernietigingskracht die zich van binnenuit aan je opdringt en zich een weg baant met als enige bestaansrede de triomf van een verschroeide aarde.
Er is geen weg omheen, er is geen verzet.

Het is op dat moment dat je de eigenlijke existentie van een mens aan den lijve ondervindt. Enkel dan. Niet ervoor, niet erna. De herinnering van dat besef is immers slechts een vage schim, een schim uit de Hades die zijn eigen ontologie niet langer meer kan vasthouden. Die niet langer de waarheid meer kan erkennen -en gelukkig maar- van het feit dat de fundamentele existentie van een mens eenzaam(heid) is.

Eenzaamheid.

Het is geen eenzaam zijn in de gebruikelijke zin van dat woord. Het gaat niet om alleen-zijn als dusdanig. Het gaat erom dat je weet dat jouw zijn fundamenteel dat van een enkeling is. Dat de wereld het podium is waarop jij een soloscène uitvoert. De uitbreiding van je wereld naar anderen zijnden blijkt onmogelijk. In de normale zin van het woord behelst het woord eenzaamheid het verlangen die te doorbreken door in contact te komen met andere enkelingen, van welke ontologische aard ook. In die betekenis is het verlangen wezenlijk onderdeel van de eenzaamheid. De eigenlijke existentie van een mens als eenzaamheid kent dit verlangen niet. Kunnen we immers op dit niveau een verlangen hebben dat niet ingevuld kan worden? Kunnen we verlangen naar iets dat empirisch, epistemologisch onmogelijk is? Je verlangt bijvoorbeeld niet naar wereldvrede, je wenst het. Je wenst rust op momenten dat je weet dat rust niet mogelijk is. Je verlangt er niet naar, want verlangen heeft het potentieel ingevuld te worden.
In de existentiële eenzaamheid bereikt het verlangen naar anderen een epistemologisch nulpunt. Het valt niet te kennen, het valt bijgevolg niet te bezitten. Die eenzaamheid schrijft in jouw bloed de onwisbare tekenen die inhouden dat jij en jij alleen in de wereld bent. Het bewijst op meest radicale wijze dat het andere subject voor jou op existentieel niveau niet bestaat. En als het al mocht bestaan, is je geloven in die andere deïstisch van aard. Het is er geweest, mogelijk zelfs nog steeds, maar van invloed is geen sprake meer.

Die eenzaamheid, die onrust.

Ze tiert welig in mijn binnenste. Ze schreeuwt me de longen uit mijn lijf. Wat te doen als je op deze eigenlijkheid van het zelf geworpen wordt?

Meerijden op de storm, verloren tranen laten die opgaan in striemende regen. Voelen. Niet versagen. Onderwerp blijven van je eigen existentie en aldus doende de onrust en de eenzaamheid transcenderen.

En daarna, ja heel misschien daarna, de wegebbende naschokken omzetten tot creatieve energie, snel. Snel, snel, heel erg snel voor die verloren geraakt en er slechts een schim overblijft, als de mist van een nieuwe morgenstond, een herinnering, niet meer dan dat, van het duister dat zo absoluut heerste luttele ogenblikken ervoor.

Que la nuit soit…

Il fait soir,
C’est quand la lumière va que les idées viennent,
Les pensées se bousculent et cherchent un sens,
Un sens à quoi, un sens pour qui?

C’est quand il fait noir,
Que je me demande, où cela me mène,
Qui suis-je, où vais-je, c’est ce que je pense,
Minute après minute, il est plus de minuit!

Et pourtant, je ne cesse de croire,
En ce que je suis, en ce qu’il advienne,
Alors dites-moi seulement pourquoi cette transe,
En moi présente et aguerrie,

Me mène à croire,
Que mon Eden,
Tellement intense,
C’est ma vie.

JGM

 

Fil

Sur le fil de…

La machine s’emballe :

points de croix avant Pacques

points droit pour aller au but

points zig zag pour ourler la nuit

points bourdon pour sieste ronchon

points de boutonnière pour s’attacher

points arrière pour y croire encore

points virgule pour une pause

points de suspension pour une respiration

points feston pour le bavoir

points d’exclamation pour se resentir

points d’interrogation?

Mais elle est déréglée cette machine à coudre!