Conte parfumé

Viens mon tamby, mon petit frère, je vais te conter le secret des fleurs…

Toute sa petite vie, Pravi avait embrassé des milliers de pétales orange, jaune, rouge.

« Venez par ici mes fleurs chéries, que je vous enlace avant de vous dire au revoir! »

Pravi offrait ses fleurs aux nombreux visiteurs du temple venus faire une puja (offrande à une divinité en Inde).

« Bon voyage mes sucreries! Puissiez-vous rendre les gens heureux! »

Un jour, le cuisinier du village vint rendre visite à Pravi. « Les fleurs c’est inutile : ça ne nourrit même pas! »

Tout à coup, les pétales oranges s’envolèrent jusqu’au coeur du cuisinier et il se mit à rire, rire, rire! « Vois comme mes amies nourrissent ton coeur: il avait faim! »

Un soir de pleine lune, Pravi se promenait dans le village. Ca grouillait de foule comme il aimait. Ses yeux papillonnaient comme ceux des enfants qui découvrent le monde. Pravi remarqua un homme à lunettes à l’écart des autres.

« Acceptez ma guirlande jaune d’or, cher monsieur. Elle rendra peut-être votre vie plus joyeuse! »

L’homme ricana: « Comment croire que tes fleurs m’apporteront le bonheur alors qu’elles ne me rapportent pas d’argent! Qu’imagines-tu? »

Sans écouter sa réponse, Pravi lui passa un collier de pétales autour du cou. Le costume noir de l’économiste se mit à brille, briller, briller!

Tout le monde commençait à connaître Pravi-qui-rend-heureux-avec-des-fleurs. Une marée de personnes se retrouvait devant son échoppe.

Il ne savait pas où regarder. En haut! En bas! A gauche! A droite! Il y avait des mal-aimés partout!

A l’heure où le jour se fanait, Pravi crût voir un mirage. Une jeune fille écarlate de la tête jusqu’au petit orteil s’avançait vers lui.

Immédiatement, Pravi posa une fleur rouge-ardent sur ses lèvres.

Des millions de pétales étincelants descendirent dans les rizières. On vint ramasser les fleurs.

(rires)

Bonne nuit tamby!

cocofinalrecto

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Immeuble en déconstruction

voile levé

strate d’ un passe

futur en devenir

De Dirigent

Er was een man in de tram, enkele dagen geleden. Geheel op zichzelf zat hij te hummen en te rommelen. Vanuit de buik leek het wel. Ik stond achter hem, zijn gele vuile jas als een waarschuwend baken van mentale onrust. ‘Pas de chance!’, riep hij tussen twee lange slierten van onverstaanbaar gebrabbel door. Ik leefde met hem mee. Mijn blik gleed weg van zijn gezicht, zijn ogen die gericht waren op een wereld die niet overeenkwam met de mijne. ‘eh Hup, et oui c’est comme ça!’ Ik keek over de hoofden uit. Overal gezichten die staarden naar buiten, of naar binnen. Of binnenwaarts. ‘Eh hup!’ Allemaal mensen op weg naar hun bestemming zonder al te veel lust of leven. Het stemde me triestig. ‘Pas de chance, non non!’
___
Dan gebeurde het. Plots, zonder waarschuwing. Om de één of andere reden werd de man in de gele jas, met zijn ongecontroleerde uitbarstingen van klanken een magistrale dirigent, de meester van een circus. Zijn gele jas werd een showkostuum, de deinende hoofden zijn creaturen die hij met een woord, een hoge klank liet bewegen. ‘Hopla!’ schreeuwde hij geheel onverwacht. Ik keek naar de zee van haar, het af en toe opflitsende roze van een gezicht. Ik stond niet meer in een tram, ik keek naar een spektakel. De man in de gele jas was geen anomalie meer, de mensen die verontrust of geheel emotieloos, zonder veel interesse naar hem keken geen passagiers meer, maar toeschouwers die keken hoe een meester de massa beweegt. ‘Hup hup, et oui, c’est comme ça!’ De man had zijn rechtmatige plaats ingenomen, de deinende hoofden werden ontrukt aan mijn mismoedige gemoed en kregen terug kleur en glans. Tien minuten lang vielen tram en showtent samen, werd het ene beeld door het andere verdrongen, weer overgenomen en opnieuw verglijdend. Met als epicentrum van overlapping de man in de gele jas, zijn zakken, zijn wiegende beweging. Ik keek ademloos toe, een stille glimlach geboren op mijn lippen, met in mijn hoofd applaus, felle kleuren en priemende lichten.
___
De prestatie van die man zweeft al dagen in mijn hoofd. Ik heb de man niet bedankt toen ik van de tram stapte. Misschien had ik dat moeten doen, al vrees ik dat hij me niet zou hebben begrepen. Ik ben vertrokken voor de magie van dat moment voor mezelf zou zijn weggestorven, waardoor ik het -in evenwel steeds minder scherpe tonen- steeds opnieuw kan afspelen. Die meesterlijke scene, dat moment van pure, onverwachte schoonheid. De triomf van de geest over de realiteit. Want wat was dat anders? Die man is en was afwezig hier, geheel afwezig. Ik weet niet waar hij vertoefde of vertoeft, maar op dat moment was ik er zeker van; hij stond niet in een tram. Hij was ergens anders en hij was er duidelijk de baas, de poppenspeler. Overgelopen van een wereld waar hij, net zoals iedereen, geringe controle heeft, een nietig figuur is, naar een wereld waar hij de controle in handen heeft. En voor heel even, tien mooie minuten maar, was ook ik in zijn ban.

La maison verte et rouge

Dans la maison verte et rouge,

La nuit on y dansait d’ivresse.

D’ivresse se battaient les amants,

Le matin ils se cachaient de honte.

 

Il y avait là des juges silencieux,

Des amis d’occasion, amis par dépit.

Il y avait là, à la longue l’habitude,

L’habitude donna vie à l’absence.

 

Le rouge et le vert, comme la vie et le feu,

Les couleurs dataient de la veille des noces

Il était marchand, elle était forte et belle

Cela suffisait pour une étreinte, une alliance.

 

Dans ce tourbillon où, maintenant je sais,

L’amour brulait autant que les promesses,

Promesses autrefois faites aux anciens.

Avaient-ils sous-estimé la durée de l’éternité ?

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Le trait-

– D’où viens-tu ?

Je suis du bout du monde,

Des contrées haut en couleurs

Je suis d’ici-de-là, … Le trait –

– Mais, d’où viens-tu ?

Je suis la confusion des frontières,

Le mélange histoires contées autour du feu,

Et d’autres tracées à l’encre noire ou bleue

– Mais, d’où viens-tu ?

Je suis le fils de l’amour et du rêve

Un bâtard d’entre deux mondes,

Fils légitime d’une existence furieuse

– Mais, d’où viens-tu ?

Je suis ici, fais de feu et de rage

Je suis la passion brûlante de la vie

Je suis le flot, un mouvement vital

 

Je vais et je viens au monde.

bien avant

abandonne l’arc
et la flèche

garde la tension
ne retiens qu’elle

abaisse encore ton regard
qu’il habite ton buste

ton front plonge
l’horizon est en bas

la cible est vaste
l’ensemble est atteint

chaque chose se nomme
volonté

la saveur précède l’apparition
dépose-toi

au réveil
ton corps sera devenu…
plus léger

Avis d’annulation

Il se murmure que demain sera un jour nouveau,

Il se dit tout bas qu’un vent d’espoir soufflera sur nos villes,

Demain sera le jour du vivant, du rêve et des promesses accomplis au tic tac des horloges,

Nous arrêterons le temps à tout moment, les heures seront figées et piégées dans leurs cadrans,

Le temps ne sera plus jamais rond, nous ne ferons plus non plus sa ronde,

Il se dit que demain et les jours suivants n’auront plus que pour nom, « maintenant, ici, présent,… »

Le Maintenant sera indéfiniment maintenu comme seule alternative à l’infini.