Moments et fragments

Moments et fragments de vie,

Des vies qui se racontent

Des instants sublimes et lumineux.

« S’il y a un espoir au delà du désert ».

Moments et fragments de vies,

Des vies qu’on décompte

Un conte qui mal fini.

Des instants d’ombres et de gris.

Moments et fragments,

il y a des morceaux de soi derrière

voyager léger, la survie et l’oubli.

« On voit de loin derrière le désert ».

Moments et fragments,

C’est tout ce qui nous reste qui se noie

C’est le monde en émoi, qui vite oubli.

 

(…)

Ma boite aux lettres est pleine à craquer —

Dimanche 26 mai, on ira voter. Les candidats de tout bord se sont souvenu de notre existence. Pourtant, depuis 2014, j’ai beaucoup de mal à me souvenir d’un seul d’entre eux qui eut la courtoisie de nous envoyer un petit mot de remerciement, ou un petit mot d’excuse qui dirait par exemple : « Chers citoyens, chères […]

via Ma boite aux lettres est pleine à craquer —

PHOTO

Une photo, une seule sur le mur du fond de la pièce: 3mètres sur 4.

Ferme les yeux, visualise:

Une étendue de neige, un champ de neige.

Il semble planté:
ce sont des bouts de chanvre en érection.
A l’avant plan de la photo:
des boules de neige de la grosseur de melons.
Elles sont sanglées de cette ficelle de chanvre,
comme pourrait l’être un ballon de basket.
En fait, le champs de neige est parsemé de ces boules de neige harnachées.
Au loin, une silhouette.
Ce pourrait être un paysan mongolien,
pauvrement revêtu d habits superposes pour vaincre le froid;
il est de dos, les épaules courbées.
Dans chaque main, grâce aux bouts de ficelle,
il transporte plusieurs boules de neige…
Pourquoi?
Où va t il?
Que va t il faire de ces boules de neige?
Est ce un ingénieux système de transport de neige qui ne glace pas les mains?
Est ce un travail?
Est ce un vrai travail?
Est ce une photo documentaire?
Est ce une mise en scène sortie tout droit de l’imaginaire du photographe?

Poéthique

Mouvement poéthique, poliéthique

Gens hors cessions patronymiques

De patronyme que de leurs âmes

Âmes retrouvées ou jamais égarées

Jamais égalées, car uniques

 

Les évadés démasqués, démaquillées;

si authentiques à la lueur du premier jour,

et du dernier joug des mots si silencieux.

Des écrits recréés, éloquents et disloqués.

De ceux-là qui misent sur la de dernière des étoiles

Du creux de leurs mains surgissent les cieux.

 

On n’est jamais trop près de l’imperfection

Ni loin de l’impertinente perfection

Ni juste, ni vrai ou faux. Justement Nous.

 

Poéthiquement nous, poliéthiquement vôtres.

Que la nuit soit…

Il fait soir,
C’est quand la lumière va que les idées viennent,
Les pensées se bousculent et cherchent un sens,
Un sens à quoi, un sens pour qui?

C’est quand il fait noir,
Que je me demande, où cela me mène,
Qui suis-je, où vais-je, c’est ce que je pense,
Minute après minute, il est plus de minuit!

Et pourtant, je ne cesse de croire,
En ce que je suis, en ce qu’il advienne,
Alors dites-moi seulement pourquoi cette transe,
En moi présente et aguerrie,

Me mène à croire,
Que mon Eden,
Tellement intense,
C’est ma vie.

JGM

 

Fil

Sur le fil de…

La machine s’emballe :

points de croix avant Pacques

points droit pour aller au but

points zig zag pour ourler la nuit

points bourdon pour sieste ronchon

points de boutonnière pour s’attacher

points arrière pour y croire encore

points virgule pour une pause

points de suspension pour une respiration

points feston pour le bavoir

points d’exclamation pour se resentir

points d’interrogation?

Mais elle est déréglée cette machine à coudre!

danse

Miséricorde.

Des profondeurs de mes entrailles

toutes les misères de la terre

hurlent mes archaïques peurs

que toi, tu accompagnas.

Miséricorde.

venez quand,…

venez voir se lever le soleil derrière l’horizon,

regardez derrière les montages, à deux pas d’ici,

au bout du monde, à mille lieux de la raison.

 

venez contempler quand il n’y aura rien à voir,

traversez je vous prie, la nuit et le brouillard.

venez croire et croître lorsqu’on y croira plus,

prêtez main forte aux fous que porte la terre.

 

venez demain au petit matin si, et seulement si,

vous acceptez des jours heureux et des jours gris,

venez quand tout s’écroule, les rêves et les frontières.

venez alors, il y aura encore un espoir, une lueur.

 

tenez demain, c’est sûr, mais ce n’est pas une promesse,

la vie au creux de vos deux mains malhabiles et tremblantes

elle est brutale, fragile et plus légère qu’une caresse,

un baiser de la prime passion, cette tendresse chancelante.

Le guerrier du Val, librement inspiré du dormeur du Val d’Arthur Rimbaud.

Il est féroce

C’est un guerrier

Dur comme pierre

Incisif comme le schiste

Érigé comme un rocher

Sombre est son ombre

Noir son armure

Guerre de cent an

Carapacé de glaise

Peau de  crocodile

Sans se découvrir d’un file

 

Il est féroce

C’est un guerrier

Homme violant

L’époque impose

Père brutal

Ne pas s’attacher

La mort partout

Homme de son temps

Sans sentiment

Nourri-survivre-protéger

Il est féroce

C’est un guerrier

 

Homme  féroce

Il s’est couché

Tout son long

Sur le côté

Chaîne de montagnes

A mes pieds

 

Dort mon féroce

Dort mon guerrier

De férocité plus n’est besoin

Merci d’avoir veillé

Dans cette époque tourmentée

De ton glaive tu m’as protégée

 

Dort mon féroce, dort mon guerrier

Besoins primaires sont rencontrés

Dort mon féroce, dort mon guerrier

Plus besoin de veiller

Dort mon féroce, dort mon guerrier

Place à l’altérité

Je m’éloigne sur la pointe des pieds

Ou alors vais je te veiller?

J’espère ne pas te réveiller

Pour l’éternité

Sois apaisé

Dort mon féroce

Dort mon aimé.

peut-être la nuit

ce qui semble habiter la nuit
est autre
ce n’est qu’ébauche

tu y vas de ta force
de ton écho…

tu te recherches
mais tu te perds
tu oublies
et ça t’envahit

oh!
l’intensité ne se donne
qu’après la grande abdication

pas de rythme
c’est le flot
et ce que tu croyais puissant
se révèle plus fort que toi

ça vient ?
ça part !