venez quand,…

venez voir se lever le soleil derrière l’horizon,

regardez derrière les montages, à deux pas d’ici,

au bout du monde, à mille lieux de la raison.

 

venez contempler quand il n’y aura rien à voir,

traversez je vous prie, la nuit et le brouillard.

venez croire et croître lorsqu’on y croira plus,

prêtez main forte aux fous que porte la terre.

 

venez demain au petit matin si, et seulement si,

vous acceptez des jours heureux et des jours gris,

venez quand tout s’écroule, les rêves et les frontières.

venez alors, il y aura encore un espoir, une lueur.

 

tenez demain, c’est sûr, mais ce n’est pas une promesse,

la vie au creux de vos deux mains malhabiles et tremblantes

elle est brutale, fragile et plus légère qu’une caresse,

un baiser de la prime passion, cette tendresse chancelante.

Le guerrier du Val, librement inspiré du dormeur du Val d’Arthur Rimbaud.

Il est féroce

C’est un guerrier

Dur comme pierre

Incisif comme le schiste

Érigé comme un rocher

Sombre est son ombre

Noir son armure

Guerre de cent an

Carapacé de glaise

Peau de  crocodile

Sans se découvrir d’un file

 

Il est féroce

C’est un guerrier

Homme violant

L’époque impose

Père brutal

Ne pas s’attacher

La mort partout

Homme de son temps

Sans sentiment

Nourri-survivre-protéger

Il est féroce

C’est un guerrier

 

Homme  féroce

Il s’est couché

Tout son long

Sur le côté

Chaîne de montagnes

A mes pieds

 

Dort mon féroce

Dort mon guerrier

De férocité plus n’est besoin

Merci d’avoir veillé

Dans cette époque tourmentée

De ton glaive tu m’as protégée

 

Dort mon féroce, dort mon guerrier

Besoins primaires sont rencontrés

Dort mon féroce, dort mon guerrier

Plus besoin de veiller

Dort mon féroce, dort mon guerrier

Place à l’altérité

Je m’éloigne sur la pointe des pieds

Ou alors vais je te veiller?

J’espère ne pas te réveiller

Pour l’éternité

Sois apaisé

Dort mon féroce

Dort mon aimé.

peut-être la nuit

ce qui semble habiter la nuit
est autre
ce n’est qu’ébauche

tu y vas de ta force
de ton écho…

tu te recherches
mais tu te perds
tu oublies
et ça t’envahit

oh!
l’intensité ne se donne
qu’après la grande abdication

pas de rythme
c’est le flot
et ce que tu croyais puissant
se révèle plus fort que toi

ça vient ?
ça part !

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Lui – mais non madame, ce n est pas un champignon.

Elle – pas un champignon? Alors elle s’est trompée et le toubib avait raison?

Lui – c’est une partie de l ongle qui est mort par la superposition constante d un autre orteilles dans la chaussure.

Le toubib avait dit – une partie de votre ongle est mort, cela peut être dû à un coup, vous faites du sport? Du jogging?

Elle avait dit – c’est un champignon, c’est extrêmement contagieux, désinfectez votre coupe-ongle, votre lime, ne les prêtez pas. Dormez avec des chaussettes, vous risquez d’infecter votre mari.  Infecter mon mari? Cela tombait bien, je pensais à le quitter. Peut-être est ce lui qui me quitterait.

– et surtout pas de vernis à ongles, cela favorise la prolifération de ces indésirables.

– ce sera long, il faut être méticuleuse, cela va prendre du temps pour en venir à bout.

Méticuleuse, patiente, des qualificatifs que l’on ne m associe pas spontanément, mais je suis motivée.

Me voila donc avec un objectif précis à atteindre; pouvoir mettre du vernis à ongles cet été sur mes doigts de pied, ce que je n ai jamais fait, et le rejoindre, le séduire.

Me voila donc acharnée aux soins, Tea Tree à chaque sortie de douche, méticuleusement, entre l’ongle et la chair,interstice inexistant. Interdiction à ma fille d utiliser mon matériel de manicure.

Et je m’enduis les orteilles en pensant à lui, à notre future rencontre.

Quand je serai venue à bout de ce champignon, ce sera le signal, je serai prête.

La rencontre n aura jamais lieu, :-(. Je n’ai pas osé le premier pas quand l’occasion s’est trop vite présentée, moi, infectée que j’étais.

Non, pas en chaussettes!

La rencontre n’a pas eu lieu, le fantasme reste entier.

Aujourd’hui j’apprend que je me suis privée de cette rencontre, j’ai boycotte mon élan, champignoneuse que je me croyais.

Visite chez le podologue.

 

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Immeuble en déconstruction

voile levé

strate d’ un passe

futur en devenir

De Dirigent

Er was een man in de tram, enkele dagen geleden. Geheel op zichzelf zat hij te hummen en te rommelen. Vanuit de buik leek het wel. Ik stond achter hem, zijn gele vuile jas als een waarschuwend baken van mentale onrust. ‘Pas de chance!’, riep hij tussen twee lange slierten van onverstaanbaar gebrabbel door. Ik leefde met hem mee. Mijn blik gleed weg van zijn gezicht, zijn ogen die gericht waren op een wereld die niet overeenkwam met de mijne. ‘eh Hup, et oui c’est comme ça!’ Ik keek over de hoofden uit. Overal gezichten die staarden naar buiten, of naar binnen. Of binnenwaarts. ‘Eh hup!’ Allemaal mensen op weg naar hun bestemming zonder al te veel lust of leven. Het stemde me triestig. ‘Pas de chance, non non!’
___
Dan gebeurde het. Plots, zonder waarschuwing. Om de één of andere reden werd de man in de gele jas, met zijn ongecontroleerde uitbarstingen van klanken een magistrale dirigent, de meester van een circus. Zijn gele jas werd een showkostuum, de deinende hoofden zijn creaturen die hij met een woord, een hoge klank liet bewegen. ‘Hopla!’ schreeuwde hij geheel onverwacht. Ik keek naar de zee van haar, het af en toe opflitsende roze van een gezicht. Ik stond niet meer in een tram, ik keek naar een spektakel. De man in de gele jas was geen anomalie meer, de mensen die verontrust of geheel emotieloos, zonder veel interesse naar hem keken geen passagiers meer, maar toeschouwers die keken hoe een meester de massa beweegt. ‘Hup hup, et oui, c’est comme ça!’ De man had zijn rechtmatige plaats ingenomen, de deinende hoofden werden ontrukt aan mijn mismoedige gemoed en kregen terug kleur en glans. Tien minuten lang vielen tram en showtent samen, werd het ene beeld door het andere verdrongen, weer overgenomen en opnieuw verglijdend. Met als epicentrum van overlapping de man in de gele jas, zijn zakken, zijn wiegende beweging. Ik keek ademloos toe, een stille glimlach geboren op mijn lippen, met in mijn hoofd applaus, felle kleuren en priemende lichten.
___
De prestatie van die man zweeft al dagen in mijn hoofd. Ik heb de man niet bedankt toen ik van de tram stapte. Misschien had ik dat moeten doen, al vrees ik dat hij me niet zou hebben begrepen. Ik ben vertrokken voor de magie van dat moment voor mezelf zou zijn weggestorven, waardoor ik het -in evenwel steeds minder scherpe tonen- steeds opnieuw kan afspelen. Die meesterlijke scene, dat moment van pure, onverwachte schoonheid. De triomf van de geest over de realiteit. Want wat was dat anders? Die man is en was afwezig hier, geheel afwezig. Ik weet niet waar hij vertoefde of vertoeft, maar op dat moment was ik er zeker van; hij stond niet in een tram. Hij was ergens anders en hij was er duidelijk de baas, de poppenspeler. Overgelopen van een wereld waar hij, net zoals iedereen, geringe controle heeft, een nietig figuur is, naar een wereld waar hij de controle in handen heeft. En voor heel even, tien mooie minuten maar, was ook ik in zijn ban.

La maison verte et rouge

Dans la maison verte et rouge,

La nuit on y dansait d’ivresse.

D’ivresse se battaient les amants,

Le matin ils se cachaient de honte.

 

Il y avait là des juges silencieux,

Des amis d’occasion, amis par dépit.

Il y avait là, à la longue l’habitude,

L’habitude donna vie à l’absence.

 

Le rouge et le vert, comme la vie et le feu,

Les couleurs dataient de la veille des noces

Il était marchand, elle était forte et belle

Cela suffisait pour une étreinte, une alliance.

 

Dans ce tourbillon où, maintenant je sais,

L’amour brulait autant que les promesses,

Promesses autrefois faites aux anciens.

Avaient-ils sous-estimé la durée de l’éternité ?

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