peut-être la nuit

ce qui semble habiter la nuit
est autre
ce n’est qu’ébauche

tu y vas de ta force
de ton écho…

tu te recherches
mais tu te perds
tu oublies
et ça t’envahit

oh!
l’intensité ne se donne
qu’après la grande abdication

pas de rythme
c’est le flot
et ce que tu croyais puissant
se révèle plus fort que toi

ça vient ?
ça part !

bien avant

abandonne l’arc
et la flèche

garde la tension
ne retiens qu’elle

abaisse encore ton regard
qu’il habite ton buste

ton front plonge
l’horizon est en bas

la cible est vaste
l’ensemble est atteint

chaque chose se nomme
volonté

la saveur précède l’apparition
dépose-toi

au réveil
ton corps sera devenu…
plus léger

rencontre

au pied des monts
la brise me trouve :
reste !
ne cherche plus
voici les vents
voici les eaux
les cavités béantes et
les chemins de traverse

arbres et maisons s’envolent
arrachés de terre
le monde se fend
le jeu s’arrête
une flèche décochée depuis le
haut-espace
traverse la matière
et -ô merveilleuse violence-
crève en son centre
ce qu’il me reste de sensation

plus de son
plus de trace
le fond voit
entrée dans la fenêtre
me voici

depuis toujours