Imaginez-vous,

Imaginez-vous,
Une ville où personne ne vous ouvre la porte par hasard.
Une ville où personne ne vous attend,
Une ville où vous ne pouvez plus asseoir à l’abri des regards.
Une ville à la fois vaste comme un désert et étroite comme un placard
Vous pouvez aller partout, et nulle part. Parce qu’ailleurs comme ici, il ne se passe rien.

Imaginez-vous,
Une ville où la nuit est confisquée, interdite, morte, …
Une ville où il n’existe plus le hasard qui fait les rencontres
Une ville qui ne se parle plus, qui ne s’entend plus, qui ne danse plus
Une ville qui pleure seule dans les cimetières, une ville qui ne se console plus

Imaginez-vous,
Une ville où tous nous soyons des suspects potentiels
Une ville où s’exerce une surveillance mutuelle
Une ville qui n’a plus besoin des sirènes des autorités
Une ville où l’autre un danger pour les passants inconnus

Imaginez-vous,
Une ville où les premières amours sont en suspend
Les premiers baisers en attente, plus incertains qu’auparavant
Quand ils étaient volés dans les nocturnes évasions
Et au milieu d’une foule indifférente.

Imaginez-vous,
Une ville où à ceux à qui on promet l’avenir sont à l’isolement
Ceux-là qui ne peuvent pas se dire en chuchotant ou en hurlant
Des lendemains de leurs rêves
Imaginez-vous le monde qui ne rêve plus, qui ne se rêve plus
Imaginez-vous que l’horizon soit une courbe de variations incertaines.

2 novembre 2020

Une réponse sur « Imaginez-vous, »

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